Créé en 1976, devenu site « Ramsar » en 1982 et inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco en 1989, le Parc National du Banc d’Arguin (PNBA) a aussi, le label de « Don à la Terre » attribué par le WWF International au Gouvernement mauritanien, le 14 mars 2001, en reconnaissance de ses efforts pour la préservation de ce site naturel d’importance mondiale.
Le PNBA englobe des zones potentiellement riches et convoitées. Il constitue, de par sa localisation, son étendue, sa partition mi-marine mi-terrestre et ses enjeux, une expression résumée des préoccupations et des défis environnementaux de la Mauritanie d’aujourd’hui.
La périphérie du Parc National du Banc d’Arguin (PNBA) connait actuellement, de profondes mutations. Elle concentre en effet des dynamiques de changement (routes, forages, ports, agglomérations, zone franche, exploration/exploitation minières, pétrolières, hydrogène vert, etc.), toutes légitimes pour le développement socio-économique du pays. Ces dynamiques sont rapides dans le temps et induisent des changements sur plusieurs registres, socio-économiques, institutionnels, légaux et environnementaux ; elles méritent de ce fait une attention particulière. Leurs impacts doivent être bien appréhendés afin de préserver les équilibres fragiles à l’origine de la richesse du PNBA et des eaux de la Zone Economique Exclusive Mauritanienne.
L’exposition actuelle du parc du fait de la facilité d’accès par rapport à son enclavement d’antan, les menaces potentielles et avérées à l’intérieur et dans son espace vital sont autant de défis qui imposent une stratégie de contenance et une vue prospective pour la préservation des écosystèmes du Banc d’Arguin.
A cet effet, les problématiques de la conservation sont inhérentes à autant de menaces à l’intérieur du Parc et/ou dans son espace vital (ciblage des sélaciens, effort de pêche croissant de la pêche artisanale et côtière, route Mamghar, ville de Chami, port de pêche artisanal de Tanit, exploration et exploitation minière, pétrolière, hydrogène vert, etc.).
Face à ces menaces, le Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO avait diligenté une mission conjointe de suivi réactif UICN/UNESCO du 6 au 13 janvier 2014. Le PNBA est, depuis lors, soumis à un suivi réactif du Comité du Patrimoine Mondial (CPM) sanctionné par la soumission par l’état partie (Mauritanie) tous les deux ans d’un rapport sur l’état de conservation du PNBA et sur la mise en œuvre des recommandations que le CPM a sollicité de la Mauritanie de mettre en œuvre pour assurer la préservation à long terme de la Valeur Universelle Exceptionnelle (VUE) du PNBA qui a prévalue à son classement en tant que site du Patrimoine Mondial.
Dans l’objectif de préserver l’intégrité des écosystèmes du PNBA, la Mauritanie a engagé une stratégie de mise en œuvre des recommandations formulées à chaque fois par le CPM, en collaboration avec les départements concernés et les partenaires techniques et financiers.
Depuis la prise de décision de mettre le PNBA sur la liste des biens soumis au suivi réactif en 2014, la Mauritanie a présenté cinq rapports sur l’état de conservation du PNBA dont le dernier a été transmis conformément à la décision 45 COM 7B.11 du CPM, avant le 1er décembre 2024, au Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Le CPM a apprécié les efforts de mise en œuvre des recommandations par notre pays. En conséquence, le suivi réactif a été allégé, ce qui s’est traduit par l’absence du PNBA de la liste des sites examinés par le CPM lors de ses réunions annuelles. Toutefois, il n’en demeure pas moins que le Centre du Patrimoine Mondial reste préoccupé par l’état de conservation du PNBA comme l’atteste la correspondance de son Directeur qui demande à notre pays de présenter une rapport sur l’état de conservation du PNBA avant le 1er décembre 2026 avec un focus sur les développements récents notamment, en matière d’exploration et d’exploitation pétrolière et gazière mais aussi du développement de l’hydrogène vert et de la problématique des sélaciens.
C’est dans ce cadre que le PNBA, organise le 2 et 3 novembre 2026, un atelier technique sur l’élaboration du rapport sur l’état de conservation du Parc National du Banc d’Arguin (PNBA) pour transmission au centre du patrimoine mondial de l’UNESCO avant le 1er décembre 2026.
Objectif
L’objectif de cet atelier est d’élaborer de façon inclusive et participative avec les différentes parties prenantes clés, le rapport sur l’état de conservation du PNBA tout en répondant aux points soulevés (tendance des populations des sélaciens, projet et infrastructures énergétiques, Etudes d’Impact Environnemental, etc.) dans la lettre du Directeur du Centre du Patrimoine Mondial.
Cet atelier sera l’occasion de chacune des parties prenantes de présenter sa contribution à la mise en œuvre des points évoqués dans cette lettre.
Le personnel du PNBA élaborera sur la base du rapport de cet atelier, le rapport de l’état de sa conservation du PNBA.







